Prénom: simplification du changement

« Pô possible » d’appeler son fils Titeuf : Certains diront « c’est pô juste ! » et la plupart ……. c’est tant mieux ! TITEUF n’est pas un prénom conforme à l’intérêt de l’enfant : La Cour de Cassation par un arrêt du 15 février 2012 a confirmé l’arrêt de la Cour d’Appel de Versailles du 7 octobre 2010 qui lui-même confirmait la décision du Juge aux affaires familiales de Pontoise. Rappelons que si les parents disposent d’une grande liberté de choix pour le prénom de leur enfant, encore faut-il que cette liberté ne se transforme pas en contrainte pour l’enfant et ne soit pas contraire à ses intérêts. Lorsque l’officier d’état civil considère que le prénom choisi est contraire aux intérêts de l’enfant, il ne peut plus depuis 1993 empêcher les parents de choisir ce prénom, il ne peut qu’en aviser le procureur de la République, lequel peut saisir le Juge aux affaires familiales pour qu’il ordonne la suppression du prénom litigieux ; (art 57 Code Civil). C’est ce que fit dans cette affaire le JAF de Pontoise par un jugement du 1er juin 2010.. Les parents dépités Isabelle et Dominique, font appel , la Cour d’Appel de Versailles confirme la suppression . Les parents usent alors du recours possible devant la Cour de Cassation ( pourvoi). La Cour de Cassation, confirme et considère que les premiers juges ont bien motivé leur décision. Lorsqu’en 1992 le dessinateur suisse Zep donne comme nom à son personnage de bande dessinée Titeuf, on peut penser qu’il a justement voulu éviter de lui donner un prénom existant. Titeuf est ainsi personne et tout le monde, tout enfant peut se retrouver dans...

DIVORCER : choisir ou subir

Le divorce peut être prononcé dans 4 cas : 1/ soit de  consentement mutuel 2/ soit d’acceptation du principe de la rupture du mariage 3/ soit d’altération définitive du lien conjugal 4/ soit de faute Je propose de vous résumer ces procédures pour vous permettre une première approche et s’il est encore temps, de choisir et de ne pas subir … 1/ le divorce par  consentement mutuel: Le principe de ce divorce réside dans l’accord complet des époux , tant sur le principe même du divorce que sur ses conséquences . Les conséquences de la rupture concernent époux, les enfants mais aussi  la liquidation du régime matrimonial. Les époux vont , chacun avec l’aide de son avocat, établir une convention réglant les conséquences de leur divorce. Il y a depuis le 1er janvier 2017  deux cas: Le divorce par consentement mutuel est par principe sans passage devant le Juge mais par exception, si l’enfant mineur demande à être entendu par le Juge, alors, le divorce par consentement mutuel redevient judiciaire ; A/ Le divorce par consentement mutuel sans juge: Dans le cadre du projet de loi « Justice du XXIe siècle » a été adopté le 12 octobre 2016 par l’Assemblée Nationale, l’amendement du 30 avril 2016 relatif au divorce par consentement mutuel situé à l’article 50 de la loi. La principale innovation est la suppression du contrôle du Juge. le nouvel article 229-1 du Code civil dispose: « Lorsque les époux s’entendent sur la rupture du mariage et ses effets, ils constatent, assistés chacun par un avocat, leur accord dans une convention prenant la forme d’un acte sous signature privée contresigné par leurs...

Charges locatives et prescription : modification par la Loi ALUR

La conclusion d’un bail met à la charge des parties des obligations réciproques, il s’agit d’un contrat synallagmatique: la cause de l’obligation de l’un est l’obligation de l’autre. Le locataire doit payer le loyer et les charges , en échange  le bailleur doit lui laisser l’usage paisible des lieux. Les charges doivent faire l’objet d’une régularisation annuelle par le bailleur . Cependant, il arrive pour diverses raisons, que le bailleur soit en retard. Jusqu’à la Loi Alur du 24 mars 2014, l’arriéré ou le trop perçu pouvait être réclamé par le bailleur ou le locataire jusqu’à 5 années après. La Loi Alur a modifié la durée de la prescription qui est réduite de 5 à 3 ans. Mais cette réduction de délai n’est pas toujours facile à appliquer et il convient de se reporter à l’article 2222 du Code civil : « En cas de réduction de la durée du délai de prescription ou du délai de forclusion, ce nouveau délai court à compter du jour de l’entrée en vigueur de la loi, sans que la durée totale puisse excéder la durée prévue par la loi antérieure. » En pratique, il faudra distinguer deux périodes: La loi Alur du 24 mars a été publiée le 26 mars 2014, elle est donc entrée en vigueur le 27 mars 2014. C’est cette date qu’il faudra repérer pour distinguer deux périodes: Les charges antérieures au 27 mars 2014 : Pourront être réclamées jusqu’au 27 mars 2017 dans la limite de 5 ans en arrière, à compter de la date de réclamation. A partir du 27 mars 2017, tous les arriérés antérieurs au 27 mars 2014 et...

La signification d’un acte à une personne sous curatelle doit à peine de nullité être également effectuée au curateur :

Rappelons que même si la personne sous curatelle conserve la capacité juridique à  effectuer certains actes , l’article 467 du Code Civil  précise très clairement par son alinéa 3  qu’ : A peine de nullité, toute signification faite à cette dernière l’est également au curateur. La Cour de Cassation a eu l’occasion de la rappeler par  un arrêt du 8 juin...

Prescription et délais de procédure: ne pas confondre…

La prescription est le délai par lequel l’on acquiert ou perd un droit. Elle peut porter sur des droits très différents , réels, personnels , mobiliers, immobiliers… Nombreux sont les cas où le temps fait son action, il peut ouvrir des espérances d’acquisition de nouveaux droits comme en matière de propriété mais le plus souvent, il les réduit à néant en sanctionnant le défaut d’action. Le justiciable non informé est souvent surpris par la prescription et se réveille parfois la veille de l’échéance fatale. Bien fixer le terme du délai est donc très important. Or les règles de la computation ( ou  calcul ) des délais de prescription ne sont pas les mêmes que pour les délais de procédure. C’est là que le non juriste risque fort d’être perdu. La règle principale en matière de prescription est qu’elle est acquise lorsque le dernier jour du terme est accompli. (article 2226 du Code Civil) Le délai de procédure lui, s’il expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. (article 642 du Code de Procédure Civile) Un délai de prescription expirant un samedi 23 avril 2016 expire bien ce samedi 23 avril 2016 à minuit, mais un délai de procédure expirant ce même samedi 23 avril 2016 expire le lundi 25 avril 2016 à minuit. La Cour de Cassation a eu l’occasion de le rappeler par un arrêt du 7 avril 2016. On relève qu’une uniformisation des règles de computation des délais aurait pu  être réalisée en droit français si  la France avait ratifié la Convention européenne sur la computation des délais conclue à Bâle le 16 mai 1972, ce...